| Analyse
des oeuvres et index |
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Cet essai destiné au grand
public fait partie des applications particulières de M.H. au pouvoir
de la vie. Ici il est question de la positivité suprême que
ce pouvoir revêt dans la peinture. Grand connaisseur de cet art,
M.H. aimait particulièrement, outre la haute époque et la
production picturale allant jusqu’au XVIIe siècle, les créations
véritablement abstraites du XXe siècle, dont celles de Kandinsky
qui en a présenté la théorie dans ses écrits
: Du Spirituel dans l’art (1911), Point, ligne, plan
(1926) notamment contiennent des formules quasiment phénoménologiques.
M.H. les avait relus après la grande exposition de Beaubourg en
1984-5 qui regroupait toutes les périodes de l’artiste et
qu’il avait visitée plus de quinze fois avant d’aller
à New York voir dans les réserves du Guggenheim d’autres
réalisations éblouissantes de ce grand peintre. Toutefois,
s’il considérait cet essai comme un devoir de mémoire
envers Kandinsky, son interprétation élargit sans doute
les intuitions de celui que Tinguely nommait « l’Ouvreur »
et dont C. Argan disait que sa peinture inaugurait un art véritablement
« populaire ». Le congé que Kandinsky donnait à
la figuration signifiait également pour M.H. celui de l’objectivisme
moderne, dont il venait de critiquer le vide et le désarroi dans
La barbarie. La visée finale du livre, empli d’une
passion communicative et aisé d’accès, est de montrer
que toute grande peinture est en réalité toujours «
abstraite », c'est-à-dire non mimétique d’une
extériorité parce que « le monde qu’elle peint
est un cosmos dont l’unité prend racine dans le pathos de
notre vie invisible » – pathos désignant la passivité
première de la vie, une auto affection qui s’accroît
pulsionnellement de soi, conception trahie par le terme équivoque
et banal de « sensibilité » utilisé par certains
commentateurs de l’esthétique de M.H., terme qui renvoie
à une détermination réactive devant l’extériorité
et qui est tout le contraire de ce que démontre son essai.
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