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Phénoménologie matérielle
1ère éd. P.U.F. Epiméthée
1990
Ces études,
regroupées sous le titre de Phénoménologie matérielle,
précisent ainsi que Généalogie de la Psychanalyse,
la conception phénoménologique personnelle de M.H. fondée
sur l’immanence. La démonstration en est faite à propos
de la scrutation de la méthode de Husserl, génial initiateur
de la phénoménologie qu’il voulait discipline fondamentale
du savoir mais qu’il a déviée de son point de départ
par ambition scientifique. Il a entraîné à sa suite
Heidegger, Scheler, Merleau-Ponty qui, sous la séduction d’un
langage nouveau, n’ont fait que retrouver la voie traditionnelle
d’une philosophie de la perception, fondée sur le rapport
sujet - objet.
Il s’agit donc pour M.H. de témoigner
qu’en restant fidèle au premier principe de la phénoménologie
husserlienne, s’interroger sur le « comment » de la
donation des phénomènes, on obtient d’autres résultats
que ceux de cette « phénoménologie classique »
: inversion de la hiérarchie qui subordonne la vie à l’Etre
; refus de comprendre le phénomène comme venue d’un
Dehors dans la lumière du Dehors. D’où le nom donné
à ce recueil, Phénoménologie matérielle,
mot qui signifie étymologiquement la même chose que Phénoménologie
hylétique – le latin remplaçant ici le grec pour
rétablir dans son importance la substance phénoménologique
de la hylé que Husserl va réduire à un contenu aveugle,
alors qu’elle est la matière dont l’Impression est
faite c’est -à - dire essence de la phénoménalité,
épreuve de la subjectivité absolue. Le choix par M.H. de
cet adjectif « matériel » n’est peut-être
pas étranger à la signification que justement Marx lui donnait,
celui de « subjectivité concrète ».
L’analyse de M.H., faite au nom de la «
radicalisation » du protocole établi par Husserl - qui ne
l’a pas lui-même observé - remonte au point de départ
de ce dernier, le cogito de Descartes et met en lumière par quel
« virage thématique », par quelle démarche de
substitution s’accomplit ce renoncement. Dans toutes ces pages,
Husserl reste sur le devant, M.H. fondant son observation sur les textes
décisifs de ses Leçons de 1905 et 1907 notamment, dont les
présuppositions n’ont pas été infirmées
par ses écrits ultérieurs. La question de la phénoménologie
est examinée ici dans trois essais à propos :
- du temps auquel Husserl demande de résoudre la manifestation
à la conscience de la phénoménalité.
-de la méthode phénoménologique, « la phénoménologie
classique »étant incapable de produire une connaissance théorique
de la subjectivité absolue.
-de la faillite de l’intentionalité affrontée à
la question de l’expérience d’autrui.

Phénoménologie
hylétique, phénoménologie matérielle :
En dépit de sa tentative exceptionnelle, définir
la phénoménologie hylétique comme constitutive de
la subjectivité absolue, Husserl est retombé dans une philosophie
de la représentation pour avoir sauté une étape :
la prise en compte du vécu impressionnel. Malgré sa distinction
rigoureuse des purs vécus subjectifs et des qualités sensibles,
objectives des choses, il fait des data sensibles des «
esquisses » à travers lesquelles seraient visées intentionnellement
ces qualités sensibles. La hylé est ravalée
à la condition de contenu aveugle, la visibilité étant
constituée par l’intentionnalité. Quant aux sentiments,
peur, angoisse, désir etc., tenus pour intentionnels, Husserl n’en
parle pas et ne les définit pas par leur caractère affectif.
Les Leçons sur le temps (1905) témoignent
que, bien que Husserl ait reconnu le caractère impressionnel de
la conscience, ce n’est pas en tant qu’impressionnelle que
l’impression serait donnée, mais par une conscience originaire
qui la donne comme étant là maintenant - alors que c’est
la douleur, objecte M.H., qui m’instruit sur ma douleur et non une
conscience intentionnelle la visant comme présente. Laissant de
côté la donation inextatique de l’impression,
Husserl projette ainsi dans une irréalité principielle la
conscience du maintenant, faisant d’elle une pure idéalité,
ramenée à la ponctualité, dissoute dans une divisibilité
à l’infini - alors qu’elle devrait inclure l’extension
rétentionnelle comme horizon vivant. Ce maintenant glisse dans
le passé, rien n’échappe à un anéantissement
perpétuel dont Husserl fait le flux de la conscience. L’impression
trouve son être originel dans cette venue à l’irréalité
dont l’avantage est d’assurer l’unité de la conscience
du maintenant avec la rétention.
L’impression est donc démise de son pouvoir de révélation
au profit de la donation extatique. Husserl ne voit pas que la conscience
intime du temps est en soi une conscience avant la venue du maintenant
et il obtient la redite infinie de la phénoménalité
du constitué. Or, dit M.H., si l’impression est là,
c’est que l’Origine est un pathos.
Conséquences : la subjectivité est déportée
hors de son être propre, son essence perdue dans l’ek-stase
temporalisatrice. Ainsi s’annonce la grande crise du sujet de la
pensée moderne. D’autre part, réduire l’être
originel de l’impression à son être constitué,
est une falsification : le sentir dépouillé de l’impressionnel
est identifié à la conscience constitutive du temps.
Dans le flux husserlien, il n’y a pas de vie réelle,
de vie au présent. Car l’éternel présent de
la vie est celui de l’impression qui s’éprouve en chaque
point de son être, sans distance, selon M.H.. Elle change mais ce
qui demeure en elle est l’essence de la vie, variable comme l’Euripe,
disait Apollinaire. La venue ne cesse d’advenir, c’est l’historial
de l’absolu, l’accroissement du mouvement de la vie. Chez
Husserl, ce mouvement de la vie est devenu celui du regard.
La méthode
phénoménologique
Cette étude
prend pour fil conducteur les Leçons de 1907, intitulées
L’idée de la phénoménologie, dont les présuppositions
vont enfermer dans un cercle les possibilités de la phénoménologie
à venir, Husserl butant sur l’élucidation de l’objet
de la phénoménologie et de sa méthode, ramenant celle-ci
à une théorie de la connaissance.
Afin d’établir la possibilité de
la connaissance, il recourt à l’argument cartésien
du doute – tout est douteux mais non pas que je doute – doute
qu’il interprète comme une vue pure, capable d’assurer
la présence de toute cogitatio, soubassement de tout contenu
de pensée ou de senti. Or celle-ci, ontologiquement antérieure,
est le donné, le regard porté sur elle n’étant
que le mode de donné. Mais Husserl ignore cette protodonation au
profit d’une légitimation du voir.
Alors que le doute de Descartes disqualifie «
la vue pure », objecte M.H., comment ce déplacement de la
cogitatio dans la vue pure peut-il la convertir en donnée
absolue, puisqu’elle l’est déjà ? Car là
où porte le regard de la pensée, la cogitatio ne
se tient jamais car le regard la déréalise, c’est-à-dire
la réduit. Il est impossible de voir sa pensée, son émotion,
son angoisse. C’est confondre l’essence originelle de la phénoménalité
avec le phénomène réduit. D’autre part, interprétant
à tort le cogito comme une évidence et la cogitatio comme
tributaire du regard porté sur elle, Husserl soumet au temps cette
dernière c’est-à-dire à son intermittence –
bien que Descartes ait dit, « l’âme pense toujours ».
Conséquence principale de la réduction
de la cogitatio à l’évidence : l’impossibilité
de l’Immanence, ce que Descartes nommait Idée, entendant
par là « cette forme de chacune de nos pensées par
la perception immédiate de laquelle nous avons connaissance de
ces mêmes pensées », car dans la cogitatio
le soi étant lié à soi, celle-ci inclut en elle son
Ipséité. Il s’agit d’une intériorité
qui exclut toute extériorité. Dans l’auto-donation,
la donation et le donné ne font qu’un. Tout au contraire
Husserl scinde l’apparaître de ce qui apparaît et les
oppose, dédoublant la signification de phénomène.
Il pervertit ainsi le concept d’immanence, le réduisant au
voir de la vue et il met hors jeu la cogitatio, créant
ainsi une première transcendance : la sortie hors du vu du voir.
Puis une seconde : la visée intentionnelle, qui fait sortir de
la cogitatio. La phénoménologie ne va plus désormais
s’occuper que d’un seul domaine de l’Etre, elle fait
fond sur ce monde que le voir a ouvert et devient la science des phénomènes
purs, abandonnant le Comment de l’apparaître. Dans «
la célébration du voir » (M.H.), la conscience se
réduit à un « se rapporter à », la transcendance
est désormais élevée au rang de catégorie
ontologique universelle.
Dans son Séminaire de Zahringen, Heidegger
souhaitait même la suppression du mot de conscience qui semble maintenir
une immanence. Or le voir ne se voit pas, « toujours agit en lui
une puissance autre que la sienne en laquelle il s’auto affecte,
si bien qu’il se sent voir » (M.H.) : l’auto donation
exclut le « se rapporter à ». Heidegger est «
l’héritier de cette dégradation [ ], le projet grandiose
de la phénoménologie perd chez lui son caractère
révolutionnaire » (M.H.). Apparaître ne désigne
que la clarté qui rend visible tout phénomène. Ce
qui apparaît est la différence puisque la lumière
n’éclaire que ce qui est différent d’elle et
qui se tient toujours à distance. C’est l’étant
quel qu’il soit. Or si la question cruciale de la phénoménologie
est celle de la vie, la recherche est bloquée sur un être
de rencontre. Phénoménologie ne désigne rien de plus
que l’expérience la plus ordinaire, « la monstration
de l’étant ». D’où la question de Heidegger
: qu’est-ce que la phénoménologie a à faire
voir ? Le faire voir, telle est sa réponse.
Il est certain que la révélation inextatique
et pathétique de la vie s’oppose au faire voir extérieur,
au logos. Comment une philosophie de l’affectivité serait-elle
possible ? C’est donc à partir de cette difficulté
qu’on peut comprendre la décision de Husserl, recourir à
une substitution, celle d’un représentant objectif à
la vie, quant à elle immédiatement pathétique et
dérobée à tout regard : le pathos se présente
dès lors comme un donné transcendant sur lequel on peut
raisonner, double irréel de quelque chose qui s’est perdu.
Car seul le pathos accomplit lui-même la révélation
et Husserl désigne toujours le noème comme irréalité
– « affirmation philosophique immense », dit M.H., qui
suppose l’intuition de la vie, qu’il s’agisse de celle
de la nature, du cosmos, d’autrui, de l’absolu, de Dieu lui-même.
Ce qui lui a fait écrire : « Tout vécu réel,
pendant qu’il s’accomplit, peut devenir l’objet d’une
vue et d’une saisie pure ».
Il manque toutefois une assise phénoménologique
définie, ce qui oblige à poser cette question : l’ordre
de la méthode ne doit-il pas être renversé si dans
la présentation noématique aucun indice ne permet de savoir
que l’essence est celle de la cogitatio, si aucune de ses
propriétés réelles – absence d’intentionalité,
donation immanente – ne peut se lire dans la vue pure, s’il
n’y a dans la transcendance aucun vivre pathétique ? Chaque
propriété réelle du vécu se révèle
originellement et c’est grâce à ce savoir initial qu’un
regard peut naître qui jette devant lui le contenu de ce savoir,
l’immanence, le pathos, pour les apercevoir devant lui comme autant
de caractères irréels qui composent l’essence noématique
de cette cogitatio. (Pathos signifiant in M.H. la passivité
première de la vie, son épreuve de soi, son auto affection
invisible).
Il y a donc deux paroles, toute la philosophie
du langage doit être réécrite : le logos grec, noématique,
fait de substitutions et d’équivalents objectifs indispensables
à la réalité économique, comme l’avait
vu Marx, à la réalité comptable du monde où
nous vivons ; et la Parole de la vie, irréductible à ce
logos qui fait voir.
Pathos
avec : I – Réflexions sur la Cinquième Méditation
cartésienne de Husserl
L’analyse que fait Husserl de l’expérience
d’autrui est déterminée par trois présuppositions
: il faut que l’autre entre dans mon expérience ; il n’est
donné que dans l’intentionalité, dans un Dehors primordial
– au même titre que tout autre forme d’expérience
; il s’agit d’une dénaturation puisque son existence
est déjetée en vertu de l’intentionalité de
l’irréalité noématique : l’autre est
donné à moi, hors de moi-même comme quelque chose
de transcendant. Husserl ne parle jamais, à propos de cette expérience,
de désir, de haine, de tristesse, émerveillement etc. Car
au regard intentionnel se dérobe la substance concrète de
la vie inter pathétique : comment une condition en soi inaffective
pourrait-elle être celle de ce qui se trouve nécessairement
affectif ?
Quelles intentionalités donnent-elles l’accès
à l’autre ? Pour les circonscrire, Husserl les met hors jeu.
De mon expérience, il élimine l’autre ego et ce qui
s’y rapporte afin que ne demeure que ce qui m’est spécifiquement
propre comme ego. Le propre à moi n’est-il pas l’ego
lui-même ? Husserl s’y refuse. Ce qui subsiste, c’est
ma sphère d’appartenance, c'est-à-dire une nature
qui m’appartient, différente de la nature objective et incluant
mon expérience organique. Les autres y sont des choses et moi un
phénomène objectif, une unité psychophysique, c'est-à-dire
des réalités constituées. L’ego est donc manqué
en ce qu’il a de plus propre parce que le modèle qui guide
l’auto explicitation est la structure extérieure de la chose
sans que soit problématisée la donation que déchiffrerait
la saisie dans l’ek-stase de l’horizon. Le propre se révèle,
non dans les contenus du procès de l’explicitation de soi
mais dans des formes structurales, dont fait partie la temporalité.
Le fil conducteur husserlien est, alter veut dire
alter ego. Mais est-ce le moi originel qui donne son sens à l’autre
grâce à l’expérience que je fais du Moi en moi-même
? Pas du tout. Husserl déporte cette signification hors de son
site originel qui la légitime. Il s’agit pour lui d’un
ego constitué comme unité psychophysique. L’entrée
de l’autre dans mon expérience ne peut se faire que par l’effet
d’une transposition aperceptive à propos de mon propre corps,
une ressemblance d’organismes – loi générale
de l’expérience des objets. Il faut que l’autre soit
un objet et que j’en sois devenu un. Dans cette dénaturation,
le corps n’est plus ce Je peux radicalement subjectif et immanent
qui s’identifie à mon ego et qui seul en tant qu’ego
transcendantal peut faire l’expérience concrète, réelle
d’autrui. Pour Husserl, si mon corps est toujours présent
à ma sensibilité, celui de l’autre est représenté,
c’est-à-dire jamais donné en lui-même mais son
corps me présente en même temps son psychisme. L’impossibilité
d’atteindre directement la subjectivité de l’autre
tient à ce qu’il est l’autre.
Mais (M.H.) ce n’est pas parce qu’alter
ego est un alter, c’est parce qu’il est un ego – une
subjectivité absolue qui échappe à l’intentionalité.
Car Husserl substitue à l’ego originel qui ne s’atteint
jamais lui-même qu’impressionnellement des phénomènes,
produits de son autoconstitution et de sa sphère d’appartenance,
où le propre se dissout partout en constitués. Enfin, l’alter
ego ne peut être perçu qu’apprésenté
à son corps que je perçois dans ma sphère d’appartenance.
Voilà pourquoi, réduit ontologiquement à son corps,
l’autre se donne comme corps-objet représenté. Ce
sont les lois de la perception qui règlent le déroulement
de l’intersubjectivité et non pas celles du désir,
du souffrir et du jouir, du sentiment et du ressentiment, c’est-à-dire
celles du pathos de ces deux subjectivités dans leur coappartenance
au Fond de la vie .Or qu’il s’agisse de la communauté
des admirateurs d’un peintre, de celle avec les morts, la communauté
est hors représentation et hors temps. L’impossibilité
de la perception facilite même les choses. Notre subjectivité
est radicalement acosmique et pathétique.
La Cinquième Méditation
établit donc l’impossibilité principielle pour l’intentionalité
et la perception d’atteindre l’être réel d’autrui.
Husserl a reconnu cette présentation laisse échapper l’essentiel.
Il a confondu le mouvement immanent de la vie avec le mouvement extatique,
réinscription dans l’ancienne relation sujet-objet.
Pathos avec : II – Pour une phénoménologie
de la communauté
Dans ce texte qui explicite et complète
le précédent, M.H. remonte au fondement de toute communauté,
entendue dans sa nature de réalité vivante présente
en toute relation humaine quelle que soit sa dimension – communauté
à ne pas confondre avec une institution sociale ou politique. C’est
à partir de sa propre phénoménologie qu’il
expose le problème, ce qui éclaire rétrospectivement
les conclusions de sa grande étude sur Marx(1976) et prépare
les analyses de ses derniers essais. On en trouvera également l’écho
dans les recueils de Phénoménologie de la vie III
et IV récemment parus.
L’idée de communauté suppose
que quelque chose est en commun et que ses membres possèdent tous
ce qui est commun. Cette réalité unique de la communauté
et de ses membres s’appelle la vie – c’est-à-dire
la façon dont les choses leur sont données, dans la vie
et par elle. Et la vie donne de telle façon que ce qu’elle
donne, elle se le donne à elle-même. C’est en elle
que nous avons part à ce don. En tant qu’épreuve de
soi, la vie est singulière en un sens radical, elle est ipséité.
Il est donc impossible d’opposer individu et communauté,
puisque l’individu est le mode propre de l’actualisation de
la vie. Quel est dans cette perspective le statut de l’individu
:
1 - Le Hic (ici) où je me tiens, où je suis, c'est-à-dire
la subjectivité absolue, ce Hic est l’ipséité
de la subjectivité.
2 - Le Hic ne peut être vu – parce qu’il n’y a
aucune distance, pas le moindre écart où le regard puisse
se glisser
3 - N’étant jamais vu, ce Hic est absolu, indéclinable
N’étant pas un phénomène, il échappe
aux catégories qui appartiennent au monde, par exemple l’intentionalité.
Il ne saurait donc être pensé comme dans Husserl en fonction
de la représentation, identique à elle et ainsi au monde.
Il s’ensuit que toute communauté
est invisible alors que la phénoménologie classique qui
comprend l’homme comme un être dans le monde et auprès
des choses résout ainsi le problème d’autrui : le
Da-sein en tant que tel est un Mit-sein.Tel est le cas de
Scheler qui reprend les thèses de Husserl.
Or si la vie est auto affection, s’éprouve
sans distance, elle ignore la perception de l’autre comme alter
ego. La relation de l’enfant à sa mère est pure épreuve
abîmée dans sa subjectivité, elle se produit hors
monde, hors représentation, hors émergence d’un moi.
Il en va de même dans l’hypnose, la relation psychanalytique,
l’expérience érotique etc. Les relations des vivants
se produisent hors monde, toute communauté est par essence affective,
pulsionnelle.
Dans la mesure où le vivant est coextensif
au tout de la vie, ce que les membres de la communauté ont en commun
est la venue en soi de la vie en laquelle chacun d’eux vient à
Soi comme ce Soi qu’il est. Ils sont le Même. Comment chacun
des membres se rapporte-t-il à l’autre dans la vie ? En éprouvant
cet autre dans le Fond de la vie et non en lui-même. M.H. : «
La communauté est une nappe affective souterraine et chacun boit
la même eau à cette source et à ce puits qu’il
est lui-même – mais sans le savoir, sans se distinguer de
lui-même, de l’autre ni du Fond »

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